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Megaupload, la Justice, le SEO et Google…

Après la fermeture spectaculaire du site Megaupload.com par le ministère de la Justice américain et le FBI, les internautes étaient choqués, Nicolas Sarkozy a salué la fermeture du site, le Parti Socialiste – PS – ne s’est pas opposé à la fermeture. Le jour-même de la fermeture la contre-attaque lancée par Anonymous a mis K.O. le site de l’Hadopi et les sites d’Universal Music – entre autres. Les réactions ne sont pas prêtes de s’arrêter, l’effet pervers de cette fermeture est que d’autres sites du même acabit risquent de pousser comme des champignons. Certains sites d’actualité ont déjà commencé à publier une liste de sites de téléchargement légal et illégal.

Communiqué de presse de l'Elysée : Le site Megaupload.com

Les sites qui remplaçent Megaupload.

Aujourd’hui certains sites d’actualité proposent des alternatives au site Megaupload.com : lien [dans Google actualités, taper la requête « alternatives * megaupload »]. Des listes de sites Internet de téléchargement – légal et illégal – sont mises à la disposition des internautes. Chacun comprendra les objectifs ultimes de ces sites d’actualité dont les articles au sujet de Megaupload inondent la Toile. Néanmoins la publication de telles listes font naître quelques questions :

  1. Pour quelles raisons ces sites d’actualité publient des listes de plateformes de téléchargement ?
  2. Ces listes incitent-elles les internautes au téléchargement illégal ?
  3. Pourquoi l’État français ne réagit pas ?
  4. Comment Google peut-il réagir ?

Quelles sont les actions de l’État français ?

Comment l’État peut-il réagir à l’égard de ces pages – à fort trafic – qui pointent des liens hypertextes vers des sites de téléchargement illégal ? Pour le chef de l’État français « la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des œuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création » – cf. communiqué de l’Élysée.

Le chef de l’État français a proposé un blocage de ces sites illégaux par les fournisseurs d’accès Internet – FAI – et un « déréférencement de ces sites par les moteurs de recherche » – cf. communiqué. Or actuellement, la création de liens vers ces plateformes de téléchargement illégal constituent plutôt une amélioration de leur référencement. Autrement dit, en publiant une liste de sites spécialisés dans le streaming et le téléchargement illégal ces sites d’actualité montreraient une forme de complicité.

Un SEO à double tranchant.

Ces listes mises au grand jour par les sites d’actualité n’incitent-elles pas au téléchargement ? Possiblement, mais peut-être pas pour longtemps. En effet, créer une liste de ces sites de téléchargement, c’est les montrer du doigt, eux, ces frères de Megaupload ! Ce qui sous-entend qu’eux aussi devraient déjà être fermés. Donc personne ne fera l’erreur de penser que ces listes de sites de téléchargement illégal pourraient constituer une forme de délation.

Moins connus et moins visibles, la durée de vie de ces sites pourrait être beaucoup plus longue. C’est ce que laissait entendre Yannick Lejeune sur LeParisien.fr. Mais il ne faudra toutefois pas s’étonner que même sans visibilité acquise par le SEO – Search Engine Optimization, en français optimisation pour les moteurs de recherche – la liste de ces sites soit déjà entre les mains d’autorités publiques. S’il est assez facile pour un site d’actualité de se constituer une telle liste, les autorités ne devraient avoir aucun mal à créer la leur.

Et la position de Google ?

Connaissant la position de Google face à ces sites de téléchargement et aux infractions des droits d’auteur sur le Net – nettement moins radicale que les projets de loi antipiratage Stop Online Piracy Act (SOPA) et PROTECT IP Act (PIPA) contre lesquels le géant du Web s’est révolté – il reste toutefois la question de savoir comment Google peut réagir au niveau du référencement ?

Les hyperliens que ces sites d’actualité – à fort trafic, je le répète – pointent vers des sites illégaux sont en dofollow, ce qui veut dire qu’ils sont gagnants en terme de référencement naturel. Autrement dit ces hyperliens permettent à ces sites de gagner plus de trafic, de progresser dans le classement des résultats de recherche et de générer plus de gains publicitaires.

Comment le géant du Web peut-il intervenir sachant que pour lui « les liens sont généralement des votes éditoriaux » ? Infligera-t-il une pénalité aux pages Web de ces sites d’actualités ? Son algorithme prend-il en compte les points attribués par ces liens ?

En 2011: Un filtre des suggestions de recherche

Au début de l’année 2011, Google aurait placé un filtre pour les suggestions de recherche sur des termes comme MegaUpload, BitTorrent, uTorrent ou MediaFire. Il y aurait eu une baisse importante des « recherches pirates », le but était de limiter la tentation des internautes au téléchargement illégal.

Google Tendances des recherches :

Google Tendances des Recherches: Megaupload, Rapidshare, BitTorrent, uTorrent

Une recherche sur Google Trends :

Google Trends : Megaupload, Rapidshare, uTorrent, BitTorrent

Malgré cette action de filtrage Megaupload et les sites de téléchargement sont restés populaires. Pour s’en convaincre il suffit de voir la liste des sites les plus visités en 2011. En 2011 Megaupload est 91ème et MediaFire serait le 100ème site le plus visité du monde. Seul bémol, la liste a été publiée au mois de juillet 2011. En juin 2010 Rapidshare était le 43ème site le plus visité au monde, aujourd’hui le site n’est plus dans la liste. Megaupload était 56ème, Mediafire était en 75ème place et 4shared.com à la 52ème place. Pour le dire autrement le trafic de ces sites a sévèrement chuté, mais reste toujours important.

Le bruit de la fermeture du site Megaupload a été tellement fort que les recherches ont explosées, les tendances des recherches ci-dessus le montrent, notamment pour Megaupload. Cela laisse penser que l’intérêt de Megaupload s’est porté – momentanément – sur d’autres sites Internet. Anonymous avait annoncé que Megaupload allait changer de nom de domaine pour Megavideo.bz. Cette histoire ressemble à celle de Wikileaks qui a dû changer de domaine à de multiples reprises.

Par ailleurs, si l’internaute tape le titre d’un film les suggestions de Google proposent des termes liés au téléchargement illégal. Par exemple pour le film Intouchables, Google suggère dans les premières lignes : « streaming », « mu » – diminutif de Megaupload -, « dvdrip »,  « megavideo » et « telecharger ».

Suggestions de Google : film Intouchables

Bloquer des sites ?

L’an dernier Google avait répondu au gouvernement britannique qui souhaite anéantir le référencement des sites consacrés au téléchargement illégal. Il existe déjà une procédure permettant de « dé-référencer » les pages Web contenant des contenus illégaux sans passer par une procédure judiciaire, mais le gouvernement veut plus : le blocage de toutes les pages du site qui viole les droits d’auteur. C’est une solution qui manque d’intelligence.

Couper les accès à un site de téléchargement illégal redirige les internautes vers un autre. Hadopi n’a pas cessé le téléchargement illégal, les français avaient trouvé des alternatives au P2P, par exemple le téléchargement direct : Megaupload pour ne citer que le plus populaire. En septembre 2008, Christine Albanel, l’ex ministre de la Culture [de mai 2007 à juin 2009], avait annoncé que les premiers e-mails d’avertissement aux internautes seraient envoyés dès le début de l’année 2009. D’après une étude de comScore en novembre 2010 plus de 7,4 millions d’internautes français avaient visité le site Megaupload, alors que deux ans avant, en août 2008, ils n’étaient que 350 000 visiteurs par mois. Hadopi aurait donc – indirectement – gonflé les parts de visites de Megaupload.com et les revenus publicitaires des fondateurs du site.

Ne censurez pas le Web !

Le 17 janvier Google publiait un article au sujet de la censure sur le Web, notamment au sujet des projets PIPA & SOPA. Plutôt que la fermeture des sites Google propose plutôt de couper le financement des fondateurs de ces sites. En fin de compte le but resterait le même, seule la méthode changerait.

Des réponses encore floues

Pour conclure, cette publication de listes sur des sites à fort trafic cache un certain nombre de questions dont les réponses restent encore floues. Une chose est sûre, ce n’est pas la fermeture d’un site qui résoudra le problème du téléchargement illégal, bien au contraire, l’effet sera fort probablement inverse. L’idée de voir de multiples sites pousser comme des champignons n’est pas une fiction. Les fermetures spectaculaires de sites populaires comme Megaupload ne feront que déplacer l’intérêt des internautes vers d’autres sites, vers d’autres noms de domaines, vers d’autres techniques de téléchargement illégal.

Ce « spectacle » – de la fermeture du site Megaupload.com – est une publicité, un bon buzz pour les sites de téléchargement. Les mesures existantes pour contrer le téléchargement illégal sont toutes des échecs. La délation et la complicité ne feront que cristalliser cette perpétuelle « guerre » entre un Web qui se veut libre et les autorités publiques qui tentent de lui enfiler une muselière.

Quelques liens : torrentfreak / slate / the guardian / google

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A propos de l'auteur

Consultant SEO, Social Media et Content Strategist

Consultant SEO + Social Media + Content Strategist situé dans le sud de la France. J'optimise le référencement des sites Web, je conseille les entreprises sur leur stratégie de communication digitale.

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  • http://www.linecoaching.com Mathieu

    je suis d’accord avec toi toutes les tentatives contre le piratage sont des échecs. Les gouvernement n’ont pas encore compris que ce n’est pas la bonne solution et qu’il faudrait proposer des alternatives plutot que de protéger les gros porte feuilles des majors…

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